Accessibilité et déficience auditive

ETATS DES LIEUX DES DISPOSITIFS LIES A LA SURDITE ET A LA DEFICIENCE AUDITIVE EN FRANCE


En France, plus de 10 millions de personnes souffrent d’un trouble de l’audition*. Pour 5,4 millions d’entre elles, il s’agit d’une déficience allant d’une limitation auditive moyenne à totale. On relève également que la majorité de ces personnes sont des seniors. Au regard du vieillissement de la population française, cette donnée tend ainsi à augmenter fortement. 
Quelles sont les aides existantes pour ces populations ? Et qu’est-il prévu, en termes de dispositifs et d’aménagements, pour ce public, à l’heure où la démarche d’accessibilité du territoire est en marche ?

Rappel des aides multiples adaptées au degré de surdité

La prothèse auditive :

Cette aide, conçue pour des limitations légères à profondes reste la plus utilisée. Elle est délivrée par l’audioprothésiste, sur prescription médicale d’un médecin ORL. Le prix moyen de cet équipement est de 3000€ pour les deux oreilles, dont 238€ sont pris en charge par la sécurité sociale et entre 500 à 1500€ par la mutuelle.

Il en existe 3 sortes : 

- l’intra-auriculaire (la moins visible),

- le contour d’oreille (le plus utilisé), 

- et le mini-contour.

Seules 20% des personnes souffrant de déficience moyenne à très grave sont appareillées.

L'assistant d'écoute :

 C’est un dispositif à mi-chemin entre l’amplificateur de son et la prothèse auditive. Il est réservé aux pertes légères à moyennes. L’amplification maximum est de +20 dB (Journal Officiel JORF n°0193 du 22 août 2014 page 13957). 

Ces appareils sont vendus sans prescription par les pharmacies et les magasins de confort médical. Votre médecin ORL peut vous les conseiller mais n’a pas besoin de les prescrire. Certaines mutuelles prennent en charge les assistants d’écoute. Pour en savoir plus sur ce type de dispositif, rendez-vous sur le site de Tintéo.

L'implant cochléaire :

Prescrit en cas de déficiences sévère et profonde. C’est un dispositif électronique qui est implanté dans le crane et qui va stimuler directement le nerf auditif. Il s’agit, pour cette aide, de transmettre la parole sous forme d’impulsions électriques. On le préconise lorsque toutes les autres prothèses sont avérées inefficaces pour la personne en situation de handicap. Il s’agit, pour cette aide, de transmettre la parole sous forme d’impulsions électriques.

Les appareils auditifs et les implants cochléaires sont souvent équipés d’une position « T ». Cette fonction est essentielle pour pouvoir bénéficier de l’usage des boucles d’induction magnétique. Elle doit être activée par l’audioprothésiste ou le régleur d’implant.

Les appareils à conduction osseuse :

Il s’agit par exemple :

- des lunettes auditives, 

- de l’aide auditive à ancrage osseux (ou BAHA) en cas de contre-indication des appareils conventionnels.

Ces appareils transforment une onde sonore en signal vibrant qui est transmis par les os jusqu’à la cochlée.

  

Réticences et freins à l’utilisation de ces aides techniques

Bien que de plus en plus de personnes s’équipent en prothèses auditives, ou autres formes d’appareillage et que ce chiffre tende à augmenter, on observe encore de fortes réticences à l’utilisation de ces aides techniques, surtout chez les personnes dont la déficience auditive est acquise. En moyenne 80 % des malentendants moyens n’utilisent pas de prothèse auditive.
Parmi les freins à l’équipement en aide technique, on note :

- le coût de l’appareillage qui n’est pas accessible à tous selon le type d’appareillage utilisé.

- L'ignorance ou la mésestime/mauvaise évaluation de sa perte d’audition. Dans le cas où la surdité est acquise avec l’âge, les personnes n’ont souvent pas conscience de leur handicap.

- Le résultat esthétique. Pour certaines personnes, le port d’une prothèse renvoie trop à celle de la « personne âgée ».

- Il existe un fort décalage entre les attentes et les résultats liés à l’appareillage (confort, efficacité…) ; ce qui engendre un frein au port de cet équipement.

Dispositifs prévus pour l’accessibilité des établissements recevant du public

Les boucles d’induction magnétique (BIM)

Préconisées depuis la loi du 11 février 2005, dans les établissements recevant du public, elles permettent aux personnes appareillées d’avoir un meilleur retour auditif. Ce dispositif facilite la conduite du son depuis sa source jusqu’à l’aide auditive en supprimant les bruits environnants et les échos. Il achemine le son par onde magnétique malgré la distance, sans déformation et sans amplification. On peut retrouver ces aménagements dans un certain nombre de lieux publics comme en salles de spectacle. Néanmoins, certains d’entre eux, équipant ces lieux, sont parfois inefficaces dans le sens où ils ne fonctionnent pas ou sont parfois mal réglés.

Les systèmes radio

Les systèmes radio se sont développés comme une alternative à la boucle magnétique. Ils permettent de rendre un lieu public accessible sans travaux et sont plus faciles à mettre en œuvre car la transmission radio est bien maîtrisée. C’est une solution pour les salles de spectacle, de conférence ou bien en réunion. 

Ils permettent aussi de transmettre le son aux 80 % de personnes malentendantes qui ne sont pas équipées de prothèses grâce à un récepteur. Les personnes équipées de prothèses avec position T reçoivent un récepteur avec un collier magnétique.

La loi a également cadré un dispositif de transcription écrite qui sert en qualité de sous-titrage (au cinéma, lors des conférences). Aujourd’hui, tous les nouveaux téléviseurs possèdent cette fonction. La transcription écrite est nécessaire aux personnes non appareillées et à celles dont l’appareil ne permet pas d’utiliser les boucles magnétiques. Par ailleurs, il existe actuellement, des applications capables de retranscrire des conversations téléphoniques, ou encore verbales, à distance depuis internet. Ces dispositifs offrent la possibilité, à 95% du public sourd et malentendant, de comprendre un évènement.

D’autres aménagements, non prévus par la loi mais tout autant utiles à ce public, sont mis en place dans certains domaines. Notamment, la retranscription en Langue des Signes Française (LSF) en milieux culturels (cinéma, théâtre et audiovisuel), l’utilisation de flashs lumineux ayant rôles d’alertes (pour métros et tramways), ou encore les centres relais téléphoniques via un interprète. À noter que les démarches d’accessibilité actent progressivement en faveur d’une signalétique en doublon, qui couple à la fois informations visuelles et sonores et qui est diffusée en simultané.

Bien que certains ERP tardent encore à se munir de ces dispositifs, l’accessibilité œuvre, lentement mais surement, en faveur d’une meilleure intégration en société du public sourd et malentendant. N’oublions pas que ce qui apparaît simple aux yeux des personnes en situation de handicap revient finalement à simplifier la vie de tous.

*Sources :
• Dossier Solidarité et santé « Vivre avec des difficultés d’audition » DREES
• http://www.surdifrance.org/
• http://www.audioprothese.com/

Chiffres clés du handicap

12 Millions de Français sont porteurs d'un handicap

5,5 Millions  se déclarent en situation de handicap

1,5 Millions souffrent d'une déficience visuelle

850 000 Français disposent d'une mobilité réduite

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